[Questionnement] Le mérite de l'argent, les pro-casu-gamer, et la dopamine



  • En premier lieux je vous invite à lire ce texte étrange qui m'a tout l'air d'être un attrape clic mais qui je doit l'avouer à suscité quelques questions en moi.
    Article

    On est tout à fait d'accord, l'article est fait pour créer chez nous une réponse émotionnelle, et l'homme qui est décrit est tout à fait détestable.
    Pourtant, il me rappel quelques chose... Vous vous souvenez quand votre papa vous disait que les jeu vidéo c'était débile, qu'il fallait travailler et que quand vous auriez réussi dans la vie vous pourriez faire ce que vous voulez ?
    Et bien il existe ce mec là, Le monde à fait un article sur lui, et il est numero 1 de clash of clan (semble il)

    Il s'agit d'un mélange étrange entre votre papa qui ne comprenait pas ce qu'était un jeu video ( ce qui pour lui se résumait à appuyer sur des bouton pour faire sauter un petit bonhomme sans tenir compte une seule seconde de la profondeur qui pouvait en découler), et de la cible type des F2P, l'unique gars sur 10 millions qui va dépenser une fortune pour faire pousser des tomates virtuelle plus vite.

    Moins que ce qui me semble un fantasme de journaliste victime de l'ennui, c'est surtout la comparaison du jeu video aux autres plaisir qui me rebute :

    Ouvrez les guillements (avec des pincettes)
    "Un bon jeu vidéo, c’est comme un bon vin. Ce sont les consommateurs qui fixent son prix. Si votre vin est vraiment très bon, alors les gens seront prêts à le payer très cher "

    Cette phrase, plus les allusions au cigarette et autre plaisir addictif (boire un coup etc) me fait me questionner sur cette vision qu'a le jeu video et surtout si il ne serais pas encore vu comme un truc sur lequel on pousse des boutons.

    Je m'explique :
    D'une part, ce ne sont pas les consommateurs qui décident du prix du jeu vidéo, loin de là, beaucoup sont près à cracher sur une license mais à payer 70€ pour chaque opus, pourtant conscients de faire souffrir leur porte monnaie.
    Bien que le jeux video puisse avoir un certain statut d'art, et auquel cas, il pourrait être soumis à des obscénités tarifaire comme on peu en voir dans le milieux (j'aime Picasso, mais le prix de ses toile est une honte), il reste un produit de consommation, manufacturé, industrialisé, et produit en grande série. Il a de la valeur pour son contenu et non pour sa forme.
    Au même titre que le dernier Harry Potter (par exemple), le jeu vidéo n'a d’intérêt que son contenu, la richesse de ce qu'il fait vivre et des émotions qu'il transmet, il est l’œuvre d'un ou de plusieurs artistes mais reste tout de même "un truc dont on tourne les pages"pourvu que l'ont ne sache pas lire.

    L'analogie du vin me semble plus que malvenue.
    Finalement pour quelle raison cet homme dépense il à se point son argent.
    Si le jeu video était un livre, alors Clash Of clans serait un tabloid de supermarché. Rapide, pas extra, mais efficace pour se vider la tête. Cet homme donc évoque il le plaisir du gameplay ou les shoot de dopamine que lui envoie son cerveau à la vie de son rang dans clash of clan ?

    Arrivons nous a cette phase de notre medium où l'argent serait synonyme de réussite. (cf : Les cash-prize de l'E-sport en disent long)
    _Le fait de faire tourner de l'argent au travers du jeu video serais il un gage de sérieux ?
    _Le free 2 play serais il un gage de sérieux car bankable ?
    _Le jeux video est il toujours une perte de temps si je m'interesse plus à sa profondeur qu'au statistiques que j'y fait ?
    _Est il 2h du mat' passé et donc temps que j'aille me coucher plutot que de philosopher tout seul dans un gloubli-boulga d'interrogation dont je ne suis pas sur de la clarté et tenter de digerer en dormant cette soupe au curry trop corsée qu'il était regrettable de finir (parce que chuis un BONHOMME mwa ! )

    Bonne nuit



  • Je trouve également que la comparaison est totalement ridicule et absurde ; comme tu le dis, ce n'est pas parce qu'un bouquin va s'arracher que son prix sera plus haut que n'importe quel nanar chez le même éditeur avec le même nombre de pages.

    La problématique plus large qui pourrait être soulever par ce qu'il dit, c'est finalement le prix des jeux dans son ensemble. Je crois que ça a été brièvement évoqué dans JV (ou ZQSD ?) quand des gens ont dit que The Witness était "trop cher". C'est ce que tu dis plus haut avec le fait de payer 70 euros chaque année pour une licence qu'on dénigre en public le reste du temps ; pourquoi se baser sur la plateforme ou la taille du studio pour décider si le prix est "raisonnable" ou non ? Les gens qui sont choqués par certains montants en disant que le jeu est trop court pour ce prix là, en général, j'ai toujours envie de leur répondre "Hey, comparez au prix d'un billet de cinéma ou même d'un bouquin grand format, vos 2 heures de jeux pour 4,99 euros c'est pas si mal pour passer un très bon moment".

    Bref. Mais je m'égare. Derrière ça, il y a toute la question du modèle du free-to-play (et du pay-to-win), en fait.

    Ainsi que la question: c'était censé intéresser qui, cette conférence, dammit ?

    (Je ne sais pas si brasser toujours plus d'argent apportera une crédibilité aux jeux vidéos et à l'e-sport. Quand on parle de foot, la remarque lambda c'est quand même de le dénigrer à cause "du pognon qui le pourrit".)



  • La ou cet article est intéréssant, ou en tout cas le sujet qu'il surligne est intéréssant, ce sont les mécaniques du free to play.
    On ne touche plus au jeu video tel que nous l'entendons, nous les vieux cons.
    On touche a du "game design" directement hérité des jeux d'argent.

    On commence a y passer un peu de temps,
    Puis pour perdre moins de temps, on dépense un peu d'argent
    Et enfin pour ne pas avoir dépensé cet argent (et ce temps) pour rien on fait des petites rallonges.
    Ce sont des mécaniques très vicieuses, intelligentes sur de nombreux points mais assez basiques dans l'ensemble.

    N'étant pas sensible a l'esprit de compétition, je ne suis clairement pas la cible de ce genre de chose.
    Cela dit il y a quelques années, je travaillais comme sous-chef dans un resto et j'ai commencé a jouer au Parrain de Kabam pendant les coups de mou.
    Je me suis étonné moi même a m'y investir de plus en plus, insidieusement.
    J'ai commencé a avoir des responsabilités dans un des "gangs"
    Au moment ou la question s'est posée de payer pour avancer ma position dans le jeu, j'ai décidé d'arrêter.
    J'ai eu quelques jours de véritable sevrage..

    Avec le recul, je me rends compte que j'ai eu la bonne reaction. C'était sain.
    Cela dit, dépenser un peu d'argent pour un jeu dans lequel on passe des dizaines d'heures n'est pas sale.
    Le problème de ce modèle de jeu c'est qu'il n'y a pas de fin en soit.
    Ca joue sur les mêmes cordes que certaines drogues, la satisfaction immédiate et le manque.

    Je respecte trop le gameplay "traditionnel" pour mettre ces productions sur le même plan.



  • l'episode de south park sur le sujet explique magistralement bien les mecaniques de ce systeme.

    Du reste, comme le dit @ChatonPute , parlons nous vraiment d'une gameplay qui pourrait avoir le même comportement que du vin ?
    C'est à dire que seule les "élites" auraient l'opportunité d'y apprecier le gout dans la mesure où il peuvent mettre de l'argent dedans.

    Je trouve que "Ed" met beaucoup d'effort pour justifier son addiction à un Freetoplay merdique (pléonasme)
    Il y a cette espece de candeur malsaine de dire "ce n'est pas sale, ce n'est pas une perte de temps vu que j'y investi mon blé", comme si l'argent pouvait tout justifier et surtout les dérives.
    A l'heure où l'E-sport brasse des millions j'en viens à me demander si d'une certaine maniere, le jeu ne perdrait pas son essence de jeu.
    "Ed", si il existe vraiment, regarderait très certainement de l'E-sport pour voir de l'argent circuler, plus que pour comprendre le jeu et y voir de la beauté, de l'astuce, ou même de la vrai competition.

    "On pousse des boutons, et en plus on gagne de l'argent ! Formidable"



  • Marrante cette discussion.

    Je suis assez d'accord pour dire que la comparaison au vin est assez naze, et qu'Ed est un petit con avec du fric. Mais un gros connard, je crois pas. Sur le fond, Ed a une passion, qui lui coute 5000e par an (argent qui, en plus, va directement dans son économie nationale). C'est pas tant que ça.

    En comparaison, je suis motard et ma moto me coute facilement plus de 1000e par an alors que je l'utilise très peu, et jamais de façon utilitaire (je pars de chez moi, je roule 200km, je rentre chez moi : impossible de faire plus débile). Si j'étais vraiment passionné, je m'approcherai surement des 5000e, et cet argent qui partirait dans les caisses d'assureurs et de pétroliers.

    Puis sur le coté sportif du truc, c'est vrai que les F2P enlèvent le coté sportif du JV, car tout le monde n'est plus à égalité ; mais j'imagine que dans le monde de l'e-sport c'est pas le cas.


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